Le site de Carthage a besoin d’un plan « curatif », celui de Kerkouane d’un plan « préventif »

Par : Di avec TAP | 14 fév 2015 |

« L’élaboration des plans de gestion des sites archéologiques et leur réussite dépend impérativement de l’implication de tous car la préservation du patrimoine local et national demeure une responsabilité partagée et ne relève pas uniquement des prérogatives du ministère de la culture » a déclaré au correspondant de l’agence TAP à Nabeul, Fethi Bahri, coordinateur général du projet « Archéomedsites ».

En marge d’une journée de sensibilisation sur ce nouveau projet portant sur l’amélioration de la gestion des sites archéologiques dans l’espace méditerranéen, il a tenu à signaler que la mise en oeuvre d’une politique de gouvernance doit reposer sur un partenariat profond et réel entre les autorités centrales et régionales et les différentes composantes de la société civile ainsi que des populations locales.

En marge de cette journée organisée récemment au siège de l’association de sauvegarde de la médina de Nabeul à l’espace Sidi Azzouz, Fethi Bahri a précisé que le projet « Archéomedsites » d’une durée de deux ans vise à mettre en place des plans de gestion concernant les sites inscrits sur la liste du patrimoine mondial en Italie, Liban, et en Tunisie où deux sites sont concernés par ce projet, ceux de Carthage (Banlieue nord de Tunis) et Kerkouane (Cap Bon).

Parlant du site de Carthage, il a insisté sur le fait que le plan de gestion de ce site revêt un caractère « curatif » car ce lieu historique souffre essentiellement d’actes d’agressions multipliées et de problème foncier de son assise archéologique étant donné que la plupart des terrains sur ce site sont une propriété privée.

Quant au site de Kerkouane, il nécessite, selon Fethi Bahri, « un plan préventif » car il est situé dans une zone archéologique qui est la propriété de l’Etat mais qui fait face à la prolifération des constructions dans les terrains agricoles avoisinants, ce qui pourrait en faire un objet de convoitise.

« Il est regrettable aujourd’hui que notre pays soit dépourvu d’un plan de gestion des sites archéologiques et des villes historiques bien que la Tunisie compte 40 mille sites archéologiques dont sept inscrits sur la liste du patrimoine mondial : trois villes historiques à savoir Tunis, Sousse et Kairouan et quatre sites archéologiques en l’occurrence Carthage, Kerkouane, Dougga et El Jem.

La formation, un des piliers essentiels du projet Archéomedistes qui pourra toucher 10 autres sites

Ce projet vient au bon moment car il va aider à exécuter les engagements pris avec l’Unesco qui a recommandé la nécessité de mettre en oeuvre des plans de gestion des sites archéologiques inscrits sur la liste de l’Unesco à partir de 2016 ainsi que la formation d’unités de gestion de ces sites à partir du mois de mars 2015. Dans ce sens, il a fait savoir qu’une unité a été déjà créée pour le site de Carthage en attendant la création de l’unité concernant le site de Kerkouane.

Il a par ailleurs fait savoir que la formation sera l’un des piliers essentiels de ce projet financé par l’Union européenne (UE). En effet, 20 jeunes entre ingénieurs chercheurs et techniciens seront formés pour créer un groupe cohérent et homogène capable de mettre en exécution les plans de gestion des sites archéologiques et des villes historiques surtout que ce projet pourra s’élargir pour toucher ultérieurement 10 autres sites archéologiques.

Parmi les composantes importantes de ce projet figure notamment la réalisation d’une base de données géographiques de gestion sous forme d’une banque d’informations précises sur le site et ses différentes composantes (données techniques, historiques, ) et la manière de le gérer.

Parlant des résultats attendus de ce projet, Fethi Bahri a relevé qu’outre l’aspect de préservation des sites, le projet vise à être une source de rendement social et économique et ceci ne pourra se concrétiser sans l’adhésion des populations locales ce qui constitue la meilleure solution pour préserver les richesses patrimoniales du pays.

 Définir de nouveaux scénarios pour la valorisation de Kerkouane, pour une gestion durable et efficace

Dans ce sens, le coordinateur du projet a relevé que les conseils municipaux et régionaux peuvent servir d’un important apport en réservant des budgets pour la préservation des sites.

Pour le coordinateur technique du projet, Adnene Bennejma, la réalisation d’un plan de gestion relatif au site archéologique de Kerkouane dépend des résultats des études scientifiques et dont le rapport final sera achevé d’ici deux ou trois mois.

Ces études seront déterminantes pour réaliser une base de données et une bibliothèque numérique sur le site de Kerkouane, en réunissant toutes les données scientifiques, géographiques et topographiques actualisées sur ce site.

Il a, dans ce sens, relevé que la mise en place d’un plan de gestion sur le site de Kerkouane permettra de définir de nouveaux scénarios de valorisation afin d’assurer une gestion « durable et efficace ».

Kerkouane, est considéré « le seul site que les Romains n’ont pas reconstruit après l’avoir dévasté » et où a été érigée « la plus grande sculpture en bois jamais découverte en Tunisie : la fameuse princesse de Kerkouane » (extraits du livre « Tunisie Intime » de Tahar Ayachi).

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